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Mushikiwabo sur RFI-France24: “Relativiser mon élection à l’OIF avec la libération de Kizito, c’est faire d’un arbre une forêt”

Dans un entretien exclusif accordé le soir du jeudi 23 avril à RFI et France 24, la Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, revient sur la libération (puis mort) du chanteur Kizito Mihigo.  “C’est une bonne coïncidence mais cela n’a rien à voir”.

Question de RFI: Au Rwanda, le 17 février, l’artiste Kizito Mihigo est mort en prison. Officiellement c’est un suicide mais beaucoup en doutent. Depuis la déclaration de Bamako de novembre 2000, on sait l’attachement de la Francophonie aux droits de l’Homme, on sait aussi qu’en octobre 2018 votre élection à la tête de l’OIF a été facilitée par la libération quelques semaines plus tôt du même Kizito Mihigo. Alors aujourd’hui est-ce que la mort en prison de cet artiste ne vous met pas en porte-à-faux par rapport à l’une des missions fondamentales de la francophonie ?

Réponse de Louise Mushikiwabo: Ne faisons pas d’un arbre une forêt. D’abord une correction, peut-être de l’avis de Radio France Internationale, mais mon élection n’a rien à voir avec la libération de ce jeune homme. Il a été libéré à côté de 200-300 personnes à cette époque.

C’est une bonne coïncidence mais cela n’a rien à voir. Je connais bien ce cas, je connais ce jeune homme de par mes fonctions précédentes. Je dois dire que moi ce qui m’a étonné c’est cette idée qu’un suicide est suspect au Rwanda.

Je vous réponds peut-être comme Rwandaise, ensuite je vais vous répondre comme Secrétaire générale de la Francophonie. Il y a une partie des médias et certainement de la presse dans notre région, notre pays aussi, mais je pense qu’il faudra un jour accepter qu’il y a des Rwandais qui meurent de mort naturelle ou de suicide.

En une année, j’ai connu trois suicides de jeunes gens au Rwanda et chaque fois il fallait trouver la main du gouvernement derrière ça. Je pense que c’est une erreur qu’il faudra un jour corriger. Maintenant du point de vue de la Francophonie, bien sûr que tout ce qui est droit, autant les droits liés à la personne que le droit à la dignité, c’est extrêmement important pour le Rwanda et pour notre organisation. On reste très vigilant.

Je pense que si on devait aller chercher dans chaque État membre un cas particulier on en trouverait beaucoup. D’ailleurs j’ai du répondre à cette question pour vos consœurs de TV5 Monde il y a quelques semaines et cela m’a fait réfléchir et m’a incité à aller voir comment est la situation en France, et j’ai remarqué qu’il y a un an ou deux, il y avait eu au moins 130 suicides en prison. Je crois que cet incident ne devrait pas définir le Rwanda par rapport à nos textes de Bamako, ce qui est sûr c’est que, et moi-même, et la Francophonie, restons très vigilants sur tout ce qui est droit et liberté. Les jeux de la francophonie étaient prévus en juillet.

Et sur la pandémie de Covid-19 qui serait source d’une crise économique, Louise Mushikiwabo dit, “Le monde francophone et le monde entier, cela comprend l’Afrique, ont été durement frappés par cette pandémie, d’abord du point de vue sanitaire et certainement du point de vue économique….. L’Afrique a été très prudente dès le début de la crise, presque tous les pays africains ont pris des mesures pour se protéger et pour limiter la propagation de la maladie. Vu la faiblesse qui existe dans certaines économies africaines, l’Afrique n’étant pas un seul pays mais plusieurs pays avec des variantes du point de vue économique, certaines s’attendent, même si les effets sont déja là, à avoir beaucoup de pièces à ramasser à la fin de cette crise”.

Sur Karegeya Jean Baptiste Omar

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