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Coronavirus: Kigali devenu ville morte suite au confinement

La première phase de confinement commence quand 17 cas de coronavirus étaient confirmés au Rwanda. Aujourd’dui, c’est la deuxième, on compte plus d’une centaine, et le confinement devient presque total. 

Ça faisait plus d’une samaine que beaucoup d’activités avaient connues certaines modifications: toutes les écoles du pays fermées, pas de rassamblement, des réunions d’envergure reportées aux dates non précises, pas de messe à l’église, les casques de moto sans vitres, le transport en commun réduit aux places assises pour respecter l’intervale d’un mètre entre deux personnes, etc.

Mais la situation s’empire depuis dimanche 22 Mars, aucun Rwandais n’a plus le droit de sortir de chez lui sauf pour aller faire des courses vitales, ou se faire soigner. Les frontières sont fermées et la circulation entre les différents districts bloqués. Bistrots et bars bannis, tous les employés doivent travailler à domicile, pas de transport public.

Toutes les gares routières sont sont désertes, tout comme les rues du centre ville. Les taxi-moto, habituellement présents à tous les croisements, ont complètement disparu.

La gare routières internationale de Nyabugogo est devenue un marché, les camions venant de l’intérieur y déposent les vivres. Les commerçants grossistes doivent faire la queue pour s’enquérrir des choux, tomates, oranges ou citrons.

Certes, la police s’en charge toujours. Les camions des pommes de terre trainaillent environ trois heures, avant qu’un officier de police décide si le déchagement se fait dans la gare ou devant les dépots des grossistes, habituellement devant Resident Hotel (chez Mutangana).

Les cabaretiers en pleurs

Seules les pharmacies, les banques, et les vendeurs de nourriture sont encore ouverts.

Les petits commerçants ont perdu leurs clients, les cabarétières pleurent.

A Kiyovu, une dame se lamente, “voyez, je vendais dix caisses de bière par jour, mais aujourd’hui c’est à peine trois. Je travaille à bureau fermé, attendant mes clients qui partent avec la bière à la maison, ou souvent la prennent dans leurs voitures”.

Certes, le confinement est difficile dans ce quartier informel, Kiyovu y’abakene (Kiyovu des pauvres, par opposition de Kiyovu des riches, où réside le Président Kagame et d’autres gens de classe).

Les autorités locales circulent imposant les gens à rester à l’intérieur des enclos.

Beaucoup veulent quitter Kigali, mais la police veuille 

Sur les routes principales de la capitale, des policiers arrêtent tout passant et demandent le motif de circulation.

Bon nombre des piétons sont des ouvriers occasionnels qui veulent regagner les régions natales. Ils ne foutent rien à Kigali, par contre ils risquent de creuver de faim.

“Pour passer en véhicule, il faut présenter une attestation delivrée par le district; pour aller se faire soigner, l’on doit présenter une attestation signés par le secteur”, confie une femme de la ronde.

En cas de mensonge ou sans motif valable, de lourdes mésures s’imposent: arrestation, amande, confiscation du véhicule; ou les trois à la fois.

C’est ce qui vient d’etre appliquée à Liliane Mukabadege, la fameuse Apotre Bishop qui quitte Kamonyi au sud, et ment à la police qu’elle va à la radio; alors qu’elle à un autre rendez-vous à Kimisagara, dans sa Chappelle.

Bon nombre des piétons sont des ouvriers occasionnels qui veulent regagner les régions natales. Ils ne foutent rien à Kigali, par contre ils risquent de creuver de faim.

Pour d’autres piétons, il faut être en uniforme ou présenter sa carte de service. Alors les autres, un coup de baton s’impose pour les faire retourner.

Ceux qui veulent sortir de Kigali, font recours aux ‘panya roads’, des racourcis non macadamisés, où ils ne risquent pas de rivaliser les gens d’armes.

Ils arrivent même à traverser la Nyabarongo à pieds, ils sont la proie du caiman, ou peuvent se noyer. Mais heureusement, certains rapportent être arrivés sains et saufs. Après des jours, ils sont chez eux à  Nyaruguru, Ruhango, Gisagara, Nyamagabe ou Ngororero.

Ceux qui résistent dans  Kigali, la distribution des vivres par biais des autorités locales fait aussi chaos: manigance, insatisfaction, retard, falsification des listes des bénéficiaires. Certaines autorités sont arrêtés, ailleurs les services de securités doivent intervenir.

 

Sur Karegeya Jean Baptiste Omar

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