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Inde : Exécution de 4 hommes, condamnés pour un viol collectif

Le viol collectif et le meurtre d’une étudiante de 23 ans avait profondément secoué la société indienne, provoquant une prise de conscience sur l’ampleur des violences sexuelles dans le pays. Ce jeudi, quatre hommes responsables de ce viol sont executés.

Mukesh Singh, Vinay Sharma, Pawan Gupta et Akshay Thakur, détenus depuis 2012; avaient épuisé leurs recours judiciaires contestant leur condamnation à mort pour le viol et le meurtre de Jyoti Singh. A 5h30 de Delhi, ils devaient être pendus dans la prison de Tihar.

Des six hommes arrêtés par les forces de l’ordre après les faits, le meneur présumé est mort en détention quelques semaines plus tard, officiellement suicidé. Un autre, encore mineur à l’époque, a bénéficié d’une peine réduite en raison de son âge et a été libéré au bout de trois ans.

Onde de choc dans l’opinion publique

Le dimanche 16 décembre 2012 au soir, Jyoti Singh, étudiante de 23 ans, sort d’une séance du film « L’odyssée de Pi » dans un grand centre commercial, accompagnée d’un ami. Ils montent dans un bus privé tenu par une bande ivre de six hommes, croyant qu’il s’agissait d’un transport collectif allant dans leur direction.

À bord, son ami est passé à tabac. Pendant une vingtaine de minutes, la jeune femme est sauvagement violée à l’arrière du bus roulant à travers la capitale, lumières éteintes, et grièvement blessée avec une barre de fer. Les agresseurs se débarrassent des deux victimes au bord d’une route.

La jeune femme est soignée à Singapour. Pendant son hospitalisation, l’affaire est médiatisée et provoque une onde de choc dans l’opinion publique. De gigantesques manifestations spontanées redoublent avec sa mort des suites d’une hémorragie interne, le 29 décembre.

Le viol collectif de Delhi a forcé la société indienne à un examen de conscience. Ce drame avait aussi braqué une lumière crue sur le lourd silence autour des violences sexuelles dans le pays, les carences de son système judiciaire en matière de lutte contre les viols et, au-delà, le traitement des femmes dans la société indienne.

Le gouvernement a durci la législation contre les violences sexuelles et prévu des procédures judiciaires accélérées. Selon les derniers chiffres officiels incluant plus de 10 000 victimes mineures, plus de 33 000 viols ont été déclarés dans le pays en 2017.

La dernière pendaison en date en Inde remontait à 2015. Il s’agit d’une application exceptionnelle de la peine de mort en Inde.

Près de 400 condamnés attendent actuellement dans le couloir de la mort en Inde mais les autorités procèdent rarement aux exécutions, les réservant aux cas emblématiques. Les peines capitales sont normalement commuées en prison à vie.

Le Parisien

 

Sur Karegeya Jean Baptiste Omar

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