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Pétition pour le retour du journaliste Jacques Matand à la BBC

Certains  intellectuels, journalistes, membres des organisations des droits de l’Homme, responsables politiques et auditeurs de la BBC se mettent ensemble pour exiger le retour de Jacques MATAND à son poste et la démission de la  rédactrice en chef de la BBC qu’ils accusent d’agir sous la pression du gouvernement rwandais au sein de la BBC.

Le 7 février, le journaliste congolais Jacques Matand Diyambi a reçu de sa rédaction en chef de la BBC- Afrique à Dakar, un courrier lui notifiant son « licenciement pour faute grave », avec effet immédiat. En cause : une interview qu’il avait réalisée en novembre avec l’écrivain politologue et enquêteur Charles Onana, auteur du livre Rwanda, la vérité sur l’opération Turquoise : Quand les archives parlent (L’artilleur), publié un mois plus tôt.

Ce livre, résultat d’une thèse de doctorat soutenu à l’université de Lyon 3, a été préfacé par le colonel Luc Marchal, commandant des casques bleus de l’ONU au Rwanda en 1994.

Selon Anne Look, cette interview aurait provoqué une « plainte du gouvernement rwandais ». Mais Kigali dément la moindre intervention, d’après Jeune Afrique.

Le syndicat des professionnels de l’information et de la communication sociale du Sénégal (SYNPICS), a exprimé dans un communiqué sa consternation face à ce licenciement abusif.

Le SYNPICS a dénoncé « une fuite en avant de la rédactrice en chef, qui n’assume pas son rôle, de premier responsable de la diffusion de tout sujet » à l’antenne dont elle a la charge.

En effet, cette interview parue depuis deux mois n’a fait l’objet d’aucune contestation officielle au sein de la rédaction de la BBC. Cette décision considérée comme une  «  intimidation pour un journaliste libre et professionnel de faire son travail est une atteinte grave à la liberté d’information et au droit du public à l’information ».

Les émissions de la BBC remises en question par Kigali

Kigali avait déjà exercé des pressions et suspendu les émissions radiophoniques de la BBC en kinyarwanda, suite au documentaire « Rwanda’s Untold story » diffusé sur le génocide qualifié, lui aussi à l’époque, de révisionniste.

« Le Rwanda doit résilier son accord avec la BBC, le service public audiovisuel britannique ». Telle fut la recommandation faite par la commission d’enquête rwandaise mise sur pied en novembre 2014 pour connaître de l’affaire du documentaire « Rwanda : The Untold Story » (Rwanda : l’histoire jamais contée). Pour avoir diffusée cette production, la BBC avait été accusé de négation du génocide.

La commission d’enquête a rendu ses conclusions le 28 février 2015. Les charges retenues contre la BBC furent les suivantes : abus de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, violation de sa propre ligne éditoriale, transgression des normes journalistiques et violations des lois rwandaises, en particulier celles relatives à la négation du génocide et au révisionnisme, enfin incitation à la haine et à la division parmi les Rwandais.

Les dirigeants de la BBC avaient résisté à ces pressions et aucun des journalistes ayant réalisé ce documentaire n’avait été évincé de son poste.

Ce nouveau tournant dans les relations houleuses entre la BBC et les autorités de Kigali intervient quelques mois avant la tenue du CHOGM qui doit se tenir au Kigali Convention Center pendant la semaine commençant le 22 juin sous la houlette de l’Angleterre. Des dirigeants des 53 pays du Commonwealth sont attendus.

S’appuyant sur les progrès accomplis depuis le CHOGM 2018 à Londres, les dirigeants devraient discuter des moyens par lesquels le Commonwealth contemporain peut transformer les sociétés, conformément aux valeurs de démocratie, de multilatéralisme, de développement durable et d’autonomisation des femmes et des jeunes de la Charte du Commonwealth.

Sur Karegeya Jean Baptiste Omar

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