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RD Congo: L’ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda condamné à 30 ans de prison

Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont condamné Bosco Ntaganda à trente ans de prison. L’ex-milicien congolais avait été reconnu coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre le 8 juillet 2019.

Le chef de milice congolaise, Bosco Ntaganda, à l’ouverture de son procès devant la CPI, à La Haye, le 2 septembre 2015.
© REUTERS/Michael Kooren

Trente ans de prison : c’est la peine à laquelle vient d’être condamné Bosco Ntaganda. L’ex-chef militaire de la branche armée de l’Union des patriotes congolais (UPC), l’une des milices actives dans l’est de la RDC, en 2002 et 2003, avait été reconnu coupable le 8 juillet d’attaques contre les civils, de meurtres, de viols, d’esclavage sexuel, de persécution, de déportation et de pillage, des crimes qualifiés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre et commis sous ses ordres.

Surnommé  Terminator », « pour sa violence notoire », avait estimé la Mission des Nations unies au Congo, il a aussi lui-même participé aux crimes, en tuant notamment l’abbé Boniface Bwanalonga, un prêtre reconnu dans la communauté Lendu. Pour l’accusation, sa position de chef, sa brutalité, et son absence de remords comptent pour circonstances aggravantes.

Conscient de l’enjeu, Bosco Ntaganda avait, au cours des plaidoiries mi-septembre, formé des vœux pour le nouveau gouvernement congolais, l’assurant de sa collaboration dans la recherche de la réconciliation. Il avait assuré, tout au long de son procès, avoir agi pour la paix en Ituri dans ses guerres de l’est congolais.

L’ex-commandant en second de la branche armée de l’UPC, qui était l’une des nombreuses milices qui sévissait dans la région en 2002 et 2003, est condamné en qualité de chef pour les ordres donnés lors des opérations de ratissage comme l’avaient raconté des témoins. Des opérations militaires qui visaient à s’emparer de cette région minière.

Jean Bosco Ntaganda, homme de guerre

La vie de ce chef de guerre surnommé « Terminator » résume les tragédies qui se sont succédées dans la région des Grands Lacs depuis des décennies. Né au Rwanda le 5 novembre 1973, Bosco Ntaganda est issu de la minorité ostracisée par le régime rwandais d’alors. En 1990, il rejoint le Front patriotique rwandais (FPR), la branche armée du mouvement crée en Ouganda par les enfants des Rwandais ayant fui les pogroms. Après la victoire du FPR contre le régime génocidaire rwandais en 1994, il opère au Zaïre (ancien nom de la RDC) à partir de 1996.

Il participe à plusieurs mouvements armés en RDC. Il devient le Chef adjoint présumé de l’état-major général responsable des opérations militaires de l’organisation de l’Union des Patriotes Congolais et des Forces Patriotiques pour la Libération du Congo (UPC/FPLC), un groupe armé organisé, impliqué dans deux conflits en Ituri en 2002-2003.

Il met en œuvre l’attaque généralisée et systématique lancée contre la population civile en application de la politique de cette organisation, en particulier contre tous les non-hema : les Lendu, les Bira et les Nande. Une guerre raciale pour la conquête des zones richement dotées de minéraux. On le retrouve également au sein du CNDP, un nouveau mouvement rebelle qui a recyclé les forces de l’UPC/FPLC et qui se taille un fief à l’est du nord Kivu où là aussi, le sous-sol est riche en minéraux.

Ancien général de l’armée congolaise

À l’issue de l’accord de paix trouvé entre Kinshasa et le CNDP, Bosco Ntaganda est intégré avec ses hommes dans l’armée congolaise. Il est même promu général de 2007 à 2012 alors que la CPI a lancé contre lui en 2006 un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité en Iturie.

Déployé dans le Kivu, il peut continuer de contrôler les exploitations minières. Mais en 2012, il est muté dans une autre région. Au même moment, les anciens rebelles du CNDP intégrés dans l’armée congolaise se mutinent et fondent le M23. On soupçonne Bosco Ntaganda d’en être le véritable chef. Comme par hasard, le M23 occupe le territoire qu’occupait le CNDP. En 2012, il s’empare même de Goma.

C’est alors que l’ONU se décide à reprendre la main dans la région. Le M23 recule avant de se dissoudre. Le M23 défait, Bosco Ntaganda se réfugie à l’ambassade des États-Unis à Kigali, le 18 mars 2013, d’où il demande son transfert à la CPI.

RFI&LA CROIX

Sur Karegeya Jean Baptiste Omar

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