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Cour d’Assises de Bruxelles: Un mois et demi de débats, plus 126 témoins

C’est aujourd’hui qu’a débuté le procès de Fabien Neretsé devant la cour d’assises de Bruxelles, un long programme qui va suivre. Cent-vingt-six témoins sont cités à comparaître et vingt-cinq audiences sont fixées jusqu’au 16 décembre, date où le jury devrait entrer en délibération.

Rwandais jugé pour génocide à Bruxelles

Très prochainement, un autre procès relatif au génocide au Rwanda est prévu devant la meme cour d’assises. Il s’agit de celui d’Ernest Gakwaya (Camarade) et d’Emmanuel Nkunduwimye (Bomboko), suspectés d’avoir été membres des milices Interahamwe.

Après la lecture de l’acte d’accusation ce jeudi 7 Novembre, on aura l’interrogatoire de l’accusé, demain vendredi, le 8 novembre.

Puis, Mardi-Mercredi  12 et 13 novembre, la cour visionnera deux documentaires sur le génocide au Rwanda et entendra divers auteurs et professeurs d’université spécialisés sur le sujet.

Le 14 novembre, elle entendra les juges d’instruction et les enquêteurs puis,

Le lendemain, les personnes constituées partie civile, dont la sœur de Claire Beckers, le fils de cette dernière et d’Isaïe Bucyana, ainsi que la fille et le fils de Joseph Mpendwazi, un opposant hutu tué le 19 juin 1994.

La cour entendra aussi les deux victimes rescapées de la fusillade du 9 avril 1994 qui a décimé les familles Bucyana, Sissi et Gakwaya à Kigali.

Les 18 et 19 novembre, ce sont des voisins de ces familles qui sont appelés à témoigner.

Entre le 29 novembre et le 3 décembre, les audiences seront consacrées aux auditions de personnes ayant connu ou côtoyé Fabien Neretsé à Mataba, entre mi-avril et juillet 1994. Sont notamment cités l’ancien préfet de Ruhengeri et l’ancien maire de Mutaba, puis deux hommes qui ont été jugés coupables au Rwanda du meurtre d’Anastase Nzamwita.

Ce procès est le cinquième relatif au génocide jugé en Belgique

Le 8 juin 2001, la cour d’assises de Bruxelles a condamné les « quatre de Butare ». Alphonse Higaniro, reconnu coupable d’avoir planifié des massacres via ses écrits politiques et ses lettres, a écopé de 20 ans de prison. Deux religieuses, sœur Gertrude et sœur Maria Kizito, reconnues coupables d’avoir tué un nombre indéterminé de personnes au couvent de Sovu, ont écopé respectivement de 15 et 12 ans de prison. Un professeur d’université, Vincent Ntezimana, reconnu responsable, entre autres, du meurtre d’un collègue et d’un voisin, a été condamné à 12 ans de prison.

Le 29 juin 2005, la même cour a condamné deux demi-frères, Etienne Nzabonimana et Samuel Ndashyikirwa, à 12 et 10 ans de prison respectivement, pour leur participation aux massacres commis dans la préfecture de Kibungo (Sud-Est du Rwanda).

Le 5 juillet 2007, la justice belge a condamné l’ex-major rwandais Bernard Ntuyahaga à 20 ans de prison pour sa responsabilité dans la mort, entre autres, de dix casques bleus belges de la Minuar (Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda).

Le 1er décembre 2009, une même cour a condamné Ephrem Nkezabera à 30 ans de réclusion. Haut responsable des Interahamwe, il avait notamment financé la Radio-Télévision Libre des Mille Collines, qui divulguait des messages de haine à l’égard des Tutsis. Sa condamnation a été annulée et il est mort avant d’être rejugé.

Le troisième procès couvert par PAXPRESS

Sous le financement du royaume de Belgique, avec un partenariat de RCN Justice et Démocratie dans son projet Justice et Mémoire, les journalistes de la section judiciaire au sein de PAXPRESS couvrent les procès de génocide conduits en dehors du territoire rwandais sur base de la compétence universelle depuis 2017.

Cette couverture est  dans le cadre de  restituer  l’information aux populations rwandaises, visant à faciliter aux communautés affectées, la compréhension et la participation à ces  procès. Et ceci  pour  favoriser l’intégration des apports de ces procès dans la mémoire de la justice du génocide dans le pays.

En Juin-Juillet 2017, c’est la première exercice en France. PAXPRESS était présent dans la cour, alors que les deux anciens bourgmestres de Kabarondo étaient jugés en appel. Un journaliste y siégeait, une autre équipe restait à  Kabarondo pour informer la communauté.

En Mai-Juin 2018 en Suede, c’etait le procès de Théodore Rukeratabaro, ancien gendarme natif de Cyimbogo au sud-ouest du Rwanda. Il était aussi en appel. Bien que PAXPRESS n’était pas dans la cour(barrière de langue), l’équipe des journalistes sillonait les villages de Mururu, Winteko, Mibirizi, Gashinga et Nyakarenzo pour informer les communautés.

Aujourd’hui, PAXPRESS  est à Bruxelles pour ce procès de Fabien Neretse. Deux journalistes suivront chaque séance, et une autre équipe de Kigali fera son mieux pour alimenter la population en information.

 

Sur Karegeya Jean Baptiste Omar

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