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Haïti: Le mouvement de protestation contre le président Jovenel Moïse s’élargit

Depuis deux mois, les manifestations contre le président sont quotidiennes et le mouvement de contestation s’élargit à tous les secteurs de la société pour demander son départ. La corruption généralisée de la classe politique suscite l’exaspération de la population.

Des milliers de catholiques ont participé à une marche silencieuse et non-violente à Port-au-Prince, le 22 octobre 2019 (AFP or licensors)

Selon les informations de Radio Vatican, en Haïti, la position du président Jovenel Moïse est de plus en plus fragile. Après les universitaires, les ouvriers du textile ou les artistes, c’est le secteur médical qui a fait part de son ras-le-bol la semaine dernière en descendant dans la rue. Le 30 octobre, des centaines de professionnels médicaux ont défilé à Port-au-Prince pour exiger de meilleures conditions de travail et une hausse des salaires.

Le secteur de la santé dans le pays est en piteux état : manque de matériel, délabrement des infrastructures, pénuries de médicaments… «On travaille dans une situation qui dépasse même la médecine de guerre» s’est alarmé un médecin gréviste.

Des milliers de catholiques ont manifesté pacifiquement à Port-au-Prince

Le 22 octobre, les catholiques sont descendus en masse dans les rues de la capitale. S’exprimant à propos de cette grave situation que traverse Haïti où des manifestants réclament depuis six semaines le départ du chef de l’État, Jovenel Moïse, l’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Max Leroy Mésidor, a réaffirmé que «quelque chose doit changer dans ce pays», citant les paroles du Souverain Pontife polonais lors de son voyage apostolique sur l’île il y a 36 ans. «Face à cette situation dangereuse, j’invite le chef de l’État, le parlement, la classe politique et tous ceux qui veulent aider Haïti, à écouter la voix de la sagesse» a ajouté Mgr Leroy Mésidor devant des centaines de fidèles qui, peu auparavant, avaient participé à une marche dans les artères de la capitale.

Une corruption généralisée fait rage

Au-delà de la dégradation des conditions de vie et de la mauvaise qualité des services publics, la crise politique et institutionnelle semble totale sur l’île où l’opposition exige le départ sans délai du président Moïse. La corruption rampante dans le pays, qui touche les élites politiques comme économiques est de plus en plus insupportable aux yeux de nombreux Haïtiens.

Face à la crise économique sociale et humanitaire qui frappe depuis de nombreuses années les Haïtiens, la plupart des jeunes diplômés tentent leur chance à l’étranger. Le pays depuis deux mois est totalement paralysé : de nombreuses écoles sont toujours fermées suite aux violences en marge de certaines manifestations.

Le départ du chef de l’état parait donc inéluctable même si c’est tout un système institutionnel qu’il faut réformer selon Frédéric Thomas, politologue spécialiste d’Haïti, chargé d’études au Centre tricontinental (CETRI) à Louvain-la-Neuve.

Sur Karegeya Jean Baptiste Omar

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