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Le Rwanda sera-t-il capable de faire face à la domination des espèces dans son économie?

Les banques rwandaises dépensent entre 18 milliards et 20 milliards de francs rwandais par an pour le traitement des espèces, ce qui témoigne de l’ampleur de la dominance des espèces dans l’économie du pays. Le gouvernement opte pour la sensibilisation aux paiements sans numéraire afin de réduire cette domination et ces dépenses qui en résultent.

Le président de l’Association des banquiers rwandais, Maurice Toroitich, explique que la domination des espèces entraîne une augmentation du coût des opérations des banques locales.

Le coût du traitement des espèces est supérieur aux bénéfices de toutes les banques locales à l’exception de la Banque de Kigali.

Toroitich dit qu’une analyse plus poussée montre que les banques dépensent entre 3 et 5 milliards de Frw pour le transport de trésorerie, une dépense qui aurait pu être évitée grâce à l’utilisation accrue des paiements sans numéraire. Les autres coûts liés au traitement des espèces comprennent les frais d’assurance, les pertes liées au traitement des espèces, la paperasserie, etc.

Le gouvernement subit également des coûts croissants en raison de la prédominance des liquidités dans l’économie. Par exemple, le gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, John Rwangombwa, indique que le coût de la production monétaire est estimé à 1,5 million de dollars par an. Toutefois, il note que le coût de la gestion des espèces est beaucoup plus élevé car il prend plusieurs formes.

La banque centrale se mobilise

D’après l’information apprise de newstimes.co.rw, la banque centrale a lancé une campagne visant à encourager l’adoption des paiements et transactions sans numéraire. La campagne, entre autres, vise à examiner les problèmes qui pourraient entraver les paiements et les transactions sans numéraire, tout en encourageant le public à s’engager dans la tendance.

Eric Rwigamba, Directeur général du développement du secteur financier au ministère des Finances et de la Planification économique, déclare que la prédominance des liquidités dans l’économie entrave également l’accès au crédit des PME et des jeunes entreprises en raison de l’absence d’antécédents financiers.

La pénétration de « sans numéraire » est mesurée par des aspects tels que le volume des transactions, l’utilisation, l’empreinte des infrastructures telles que les machines de point de vente,  la valeur des paiements électroniques au produit intérieur brut qui se situe actuellement à 34,6%.

À l’heure actuelle, il est prouvé qu’il y a beaucoup à faire dans divers aspects. Par exemple, au Rwanda, pour 100 000 personnes, il n’existe que 39 machines pour les points de vente, alors que dans des économies fortes comme au Singapour, ce nombre est estimé à plus de 700.

En outre, malgré l’augmentation des volumes et de la valeur des services financiers sur mobile, un examen plus approfondi des données montre qu’une majorité de ces dépenses est consacrée aux achats des unités pour appels, aux retraits et aux transferts (virements).

Sur Jean Louis KAGAHE

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