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Prostituée un jour, prostituée toujours ? Une fois goûté, difficile de s’en passer

 

Des fois, certaines gens se demanderaient comment une femme mariée peut  continuer à  courrir des pantalons, ou une fille bien remunérée reste prostituée. Le témoignage d’une burundaise relate tout, la vie de Bujumbura semble à celle de Kigali, Butare ou Gisenyi, de même que celle de Goma ou Kampala.

Selon Natacha (pseudo), au départ le plan semblait parfait. Détourner l’argent du minerval à des fins personnelles quitte à réunir la somme le plus tôt possible. La suite ? L’incapacité à combler le manquant vous précipite dans un engrenage dont vous  ne vous serez toujours pas extirpée. Témoignage recuilli par Elodie Muco, blogeur de YAGA

« Je me souviens très bien comment cela a commencé. Nous étions au début du trimestre et mes parents m’avaient donné l’argent pour payer mon minerval; argent qu’ils avaient d’ailleurs eu beaucoup de mal à réunir de la petite colline où ils vivaient. J’habitais à Bujumbura dans un petit studio avec deux autres filles et ce sont mes parents qui payaient mon loyer et mon minerval. J’étais très fière d’être enfin à l’université et d’avoir quitté la campagne pour la ville. J’étais enfin adulte. Du moins, c’est ce que je croyais. Et pour moi, qui dit université dit forcément nouvelle garde-robe, nouvelles chaussures, nouvelles coiffures, etc. Fini les uniformes, fini la tondeuse à cheveux. Je ne devais plus ressembler à une gamine de l’école secondaire. Mais comment faire tout cela sans revenus ? Vous devinez bien ce que j’ai fait de l’argent donné par mes parents…». 

Qui ne risque rien n’a rien ?

Au lieu de payer la totalité des frais, Natacha décide donc de payer par tranches. Elle utilise une partie de cet argent pour s’acheter tout ce dont elle a besoin pour paraître branchée et s’arrange pour combler le manquant en prétextant auprès de ses parents quelques besoins urgents à couvrir. Ils lui envoient aussitôt la somme demandée, d’autant plus qu’ils ignorent tout de la vie académique. Un jour, toute la classe décide de partir en week-end à l’intérieur du pays, histoire de fêter la fin des sessions. Il faut un certain budget pour pouvoir participer au voyage. Hors de question pour Natacha de ne pas en faire partie ! Elle décide d’emporter avec elle l’argent de ses frais académiques tout en se promettant de n’en dépenser que le minimum possible. Elle se dit qu’elle verra par la suite comment réunir la somme empruntée.

Seulement voilà, elle consomme tout l’argent et se retrouve sans rien à la fin du voyage. Il lui faut donc réunir l’argent et payer avant l’affichage des résultats, sinon elle ne peut pas savoir si elle a réussi son année ou si elle reprendra certains cours. Mais impossible de demander une telle somme d’argent à ses parents, cela risque d’éveiller les soupçons. Elle doit donc se débrouiller autrement.

L’engrenage  

« Tu sais, je connais un moyen super facile de se faire de l’argent. Je peux te montrer si tu es d’accord », lui suggère une de ses colocataires.

« Je n’avais pas le choix. Il me fallait coûte que coûte payer mon minerval. Le moyen dont me parlait la fille consistait à sortir en soirée avec des hommes, mariés pour la plupart. Vous comprenez bien qu’on ne faisait pas que sortir. J’ai pu ainsi réunir toute la somme et bien plus. Mais je m’étais promis que je ne le ferais qu’une seule fois. Sauf que quand on a goûté à cette vie, il est difficile de s’arrêter. Il me fallait toujours plus d’argent. Pas seulement pour mon minerval, mais pour tous les autres besoins que j’avais. C’est ainsi que j’ai commencé à me prostituer. Oui, car c’était bien de la prostitution qu’il s’agissait. »

Aujourd’hui, Natacha a bel et bien terminé ses études et elle est dans la vie active actuellement. Cependant, elle n’a pas abandonné pour autant cette double vie. « Ça me permet d’arrondir mes fins de mois et je ne manque de rien. Je peux même envoyer de l’argent à mes parents et payer les études de mes petits frères », déclare-t-elle sans regrets.

Le cas de Natacha n’est pas un cas à part. En effet, de nos jours, nombreuses sont les jeunes femmes qui font le choix de vendre leurs charmes pour subvenir à leurs besoins et les conséquences ne manquent pas comme on peut bien s’en douter. Mais comme elles le répètent, quand on y a déjà goûté, difficile de s’en passer.

YAGA

Sur Jean Louis KAGAHE

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