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Discours du Président Kagame lors du Rwanda Day 2019 en Allemagne

Samedi 5 Octobre à Bonn, le Président Rwandais Paul Kagame prononce un long discours dans Rwanda-Day 2019. C’est devant une assemblée d’environ 4000 milles personnes dont les rwandais de la diaspora, ceux de Kigali et les amis du Rwanda.

Parmi les points de ce discours, la progression du pays, les critiques non fondées, les vents de front et d’arrière, le linge sale, la force du pays par sa vision commune, les droits des rwandais , etc

[…]Rwanda Day est un moment très important car il rassemble toutes les personnes de la diaspora rwandaise pour un échange de vues sur la vie de notre pays, qui se construit de très loin. Nous nous construisons à partir de presque rien, d’un pays détruit, détruit avant même qu’il n’existe ; c’était comme si on tuait la fourmi avec un marteau.

Mais le chemin de la réhabilitation est clair, nous voyons notre destination. Les chemins qui nous y mènent nous sont visibles. Ce qui nous manque, ce sont les Rwandais, il n’y a personne d’autre que nous attendons, celui que nous attendons, c’est nous-mêmes.

Vents de front, vents d’arrière !

Le Rwanda est comme un avion selon Kagame, dans les intempéries atmosphériques, les vents en deux sens sont là.

« Vous connaissez tous l’avion! Quand il est dans les airs, il rencontre deux types de vent. Peut-être qu’il rencontre beaucoup, mais je ne parle que de deux d’entre eux. Il y en a un qui vient de l’avant et qui essaye de repousser l’avion, il y en a un qui vient de l’arrière et le pousse vers l’avant. Nous avons toujours été victimes de vents venant du front. Mais ce que je voudrais dire, c’est ceci: cet avion, grâce à la force qu’il déploie pour avancer, il perce ces vents et se dirige vers sa destination. C’est ainsi que nous marchons aussi comme un avion. Les vents qui nous poussent de l’avant, nous les traversons et continuons notre route.

D’autre part, il y a les vents qui nous poussent par derrière. C’est vous. Vous poussez le Rwanda en ne voulant rien qui l’empêche d’atteindre sa destination.

Il est impératif de toujours augmenter cette force qui pousse notre avion dans la direction souhaitée, afin que nous arrivions non seulement à notre destination, mais aussi que nous l’atteignions à temps. C’est dans ce contexte que Rwanda Day réunit les Rwandais de la diaspora et ceux qui se trouvent dans le pays pour débattre des modalités de coopération pour accélérer notre arrivée à la destination.

 

Ceux qui sont contre nous ne manqueront jamais !

Toujours à propos des contre-succès du Rwanda, Kagame signale qu’ils ont existé, et qu’ils existent encore, mais en vain.

« Quand on se rencontre tel qu’on le fait aujourd’hui, parfois, il m’arrive de songer à ce que le Rwanda vient de subir après cette destruction, combien de fois on a lancé de nombreuses lances contre lui, comment le Rwanda est parvenu à esquiver à certaines de ces lances, et combien il a été blessé par d’autres mais qu’il continue à se lever. Et même s’il tombe à terre, il se lève sans délai.

Heureusement, en 25 ans, cela a diminué. Il n’est plus comme il était il y a 10 ans. Cela traduit le niveau actuel de cette reconstruction et j’allais dire que les personnes qui nous ont lancé ces lances rencontrent beaucoup plus de difficultés au fil du temps. Cependant, elles ne sont pas encore satisfaites. Même aujourd’hui, elles essaient de nous jeter des lances, mais avec difficulté parce qu’elles savent bien que ce qui n’était pas possible dans le passé ne peut pas l’être dans le présent.

Je ne dis pas ça pour m’inventer, pour que ceux qui avaient de telles ambitions les abandonnent. Non ! Je le dis parce que c’est une réalité. Il n’y a jamais de temps, cinq ans sans cette tentative. Malgré cela, pour ceux qui suivent notre histoire, si vous ouvrez la page économique, la page de la santé du Rwanda, il est normal que vous remarquiez chaque année que le Rwanda fait un pas en avant dans chaque domaine de de l’économie du pays.

Ils ne critiquent que pour critiquer !

Selon le Président Rwandais, critiquer et politiser Rwanda-Day c’est manquer à faire.

Kagame argumente, « Hier, je lisais ce que les gens écrivent, certains ont même écrit d’ici, ils ont critiqué le Rwanda Day. Ils disent que c’est une politique d’essayer de mobiliser la force des Rwandais, de les séduire … Mais j’ai cherché une vraie critique dans tout cela, mais je n’ai rien trouvé! Ils ont toujours été comme ça!!

Rencontrer les Rwandais où ils se trouvent, dialoguer, se dire ce qu’on s’attend de l’un à l’autre ; est-ce cela de la politique. Vraiment cette politique de sensibilisation des Rwandais à soutenir leur pays … que ceux qui veulent la critiquer le fassent!

Quant aux autres, ils ont également écrit que nous aurions la volonté de créer des ambassadeurs locaux au sein des puissants Rwandais de la diaspora! Eh bien, personne d’autre ne connaît ces Rwandais plus que nous, et même si ces Rwandais le font, où est le problème? Ils devraient utiliser cette force dont ils disposent dans leurs pays d’accueil pour aider leur pays à se hâter et à arriver à destination à temps.

Troisièmement, il y a des moments où je me pose une question: il y a 25 ans, le pays se développait. Comment peut-il se produire lorsqu’il y a une mauvaise politique, c’est incompatible! Vous ne pouvez pas bien récolter quand vous avez mal semé! Le Rwanda avance grâce à sa bonne action. Vous ne pouvez jamais mal agir et toujours être en avance, c’est incohérent!

Ce linge sale : l’infirmier de garde s’endort, une banquière rigole au téléphone !

Le développement de Rwanda selon Kagame se voit à l’ œil nu, mais certains prestataires de services demeurent des ‘linges sales’. Ça doit changer.

« La prise en compte des progrès réalisés par le Rwanda ne signifie pas qu’il n’y a plus rien à faire. Il y a encore beaucoup à faire, je vous assure! De plus, il y a de mauvaises choses que nous devons changer. Mais nous ne pouvons pas faire une accusation, dire que rien ne va. Mais pour les choses qui ne vont pas bien, beaucoup d’entre elles sont plus connues des étrangers que des Rwandais internes eux-mêmes !

Ceux qui font du mal devraient en fait être arrêtés ou conseillés ou y chercher une autre solution, mais ne pas toucher ceux qui vont bien, de peur de diminuer leur force.

Comme je le disais, ce qui avance bien au Rwanda se retrouve dans plusieurs catégories. Des banques, des écoles, des centres de santé et d’autres infrastructures desservant la population sont constamment construits.

Si nous allons pour un traitement, nous avons parfois besoin d’une aide urgente. Si vous allez à l’hôpital pendant la nuit, vous y arrivez et vous manquez celui qui doit aider votre patient de toute urgence!

Parce qu’il y a moins de médecins, ou que les quelques membres du service s’endorment au moment de l’arrivée du patient, et même au réveil, ils commencent à rétroquer la personne qui cherche un service et osent même lui dire ce qu’ils font est leur droit. Le pétitionnaire devrait leur demander pourquoi ils se sont endormis dans l’exercice de leurs fonctions, mais hélas, il est blâmé au contraire!

Ça doit changer. Ce n’est pas une bonne procédure. Mais cela n’empêche pas que ce domaine a connu un développement palpable. En général, le domaine médical progresse bien, malgré bien sûr quelques points qui restent à améliorer.

Vous allez à la banque, vous attendez la ligne pour être servi et une fois que vous arrivez à la billetterie, vous constatez que celui qui doit vous servir fait autre chose de personnel. Il est au téléphone en train de parler à un ami, des gens l’attendent devant lui et il rigole au téléphone!

Ou bien vous venez de passer beaucoup de temps sur la file d’attente et soudainement, quelqu’un qui est familier avec le serveur se présente et vous dépasse au guichet, il est directement servi pour des raisons de connaissances ou de statut social.

Si les gens ne réagissent pas à temps, cela peut gâcher  beaucoup de choses. Il faut aussi changer car cela ralentit les progrès!

C’est donc cela qu’on devrait critiquer. Et mis à part celui qui l’a fait et ceux qui n’ont pas voulu le dénoncer. En réalité cela ne devrait pas être reproché au Rwanda, qu’il ne va nulle part. Même ceux qui se taisent devant cette mauvaise conduite et qui peuvent même se conduire ainsi osent critiquer !

Ce que je me demande et c’est d’ailleurs sur ce point que nous devons mettre notre accent. Comment pouvons-nous améliorer notre bonne action? Que peut-on faire pour toujours augmenter le nombre de personnes qui font du bien? Notre tâche est de réduire le nombre de ceux qui font du mal, en faveur de ceux qui font du bien.

Une vision commune, la force du Rwanda

Pour Kagame, certains pourraient se tromper sur l’origine de sa force. L’union nationale, une vision commune, etc ; font parties intégrantes de sa force.

« Ce qui me fait dire que le Rwanda est fort, ce n’est pas parce que nous sommes des gens à craindre, qui avons des armes très puissantes, capables de résoudre tous les problèmes ; mais parce que nous sommes des Rwandais qui ont une vision commune … Rien ne peut détruire cette force unie. C’est pourquoi même quelques rares personnes qui s’opposent au Rwanda hier, aujourd’hui et l’année dernière, ce qui les a arrêtées et gardées sous contrôle, ce sont les Rwandais unis qui comprennent que les problèmes qui subsistent dans le pays sont les mêmes que ceux qui prévalent dans d’autres pays.

Moi, souvent quand je rencontre des gens et qu’ils me parlent de certaines situations dans mon pays (souvent que je ne connais même pas alors je vis au Rwanda), je leur demande d’où ils viennent et leur demande à qui ils posent de telles questions sur leur pays car est nulle part où il n’y a pas de problèmes.

Et les journalistes s’empressant de dire qu’il n’y a pas de démocratie, pas de liberté … Est-ce qu’ils les ont chez eux? Si ceux qu’ils ont sont comme ceux-là, certains d’entre eux, je n’en veux jamais! Je veux ceux de chez moi, en accord avec notre culture. Est-ce maintenant que les Rwandais de longue date vont apprendre à vivre et la culture auprès de ceux qui sont nés hier? Ces pays d’où sont issus ces gens qui prétendent nous enseigner, alors que les  rwandais existaient déjà, ils n’étaient pas encore nés!

Et maintenant, même un enfant met son doigt dans ton œil en prétendant t’apprendre à vivre, parler et marcher. Il y a des Rwandais qui se soumettent mais je ne sais pas s’ils comprennent ce qu’ils disent. Où pouvez-vous commencer à m’enseigner des droits, y compris le mien? Tu m’aimes à quel niveau pour accepter de surveiller tes droits et les miens en même temps?

Respect mutuel, progression du Rwanda

Dans la vie quotidienne, les gens ont besoin les uns des autres. Nous pouvons vivre ensemble, parler et discuter mais je ne peux pas accepter que tu me dises que tes droits sont innés aux miens, que tu dois me les donner! Que voulez-vous dire ? Ceci est la source de notre autonomie. Ayez l’habitude de faire le bien parce que cela vous convient au lieu de le faire pour faire plaisir à une autre personne.

Faire une bonne chose parce qu’une autre personne vous l’a demandé! Ça ne marche pas, si besoin est, ça ne peut pas durer! Les Rwandais peuvent être pauvres, nous luttons contre cette pauvreté! Les Rwandais sont-ils tués par des maladies qui ne tuent pas les autres dans d’autres pays? Certains voudraient mourir de faim parce qu’ils n’avaient rien, nous voulons qu’ils aient du travail pour trouver de la nourriture, qu’ils ne meurent pas de maladies qui ne tuent pas les autres. C’est pourquoi, en examinant notre budget annuel, vous remarquerez que l’accent est mis sur l’éducation, la santé, l’agriculture et les infrastructures afin de promouvoir le développement économique. Est-ce que nous manquons vraiment d’amour envers notre peuple, nous ne nous aimons pas?

Au cours des 25 dernières années, nous avons relevé le niveau d’espérance de vie. Autrefois, quand on atteignait l’âge de 40 ans, on tuait une vache si on en avait une, on invitait tous les amis à célébrer le fait qu’on avait atteint 40 ans avant de mourir. Pour le moment, l’espérance de vie des Rwandais est d’environ 70 ans. Ce n’est pas moi qui dis ça, je ne fais que répéter ce que disent les experts, les étrangers.

La mortalité infantile et maternelle pendant l’accouchement a considérablement diminué comme jamais auparavant dans le monde entier. Nous faisons des choses qui donnent la vie à des gens mais nous sommes accusés de les tuer ! Comment est-ce possible?

D’autre part, vous donnez aux gens l’accès à des moyens de communication dans tout le pays, afin que chacun puisse s’exprimer librement grâce aux investissements faits par le pays dans la mise en place des infrastructures nécessaires, et vous êtes accusé d’empêcher les gens de parler! Vous leur donnez des haut-parleurs, mais vous êtes accusé de leur fermer la bouche. C’est possible ? Nous aimons notre peuple, nous nous aimons, nous aimons nos droits. Et pourtant ceux qui nous accusent font le contraire de ce que nous faisons!

Vous avez les droits ailleurs, et les droits absolus au Rwanda,…dites-moi ce que avez manqué de moi….Paul Kagame

 Rwandais qui sont ici, je suis venu vous dire que nous avons besoin de vous, nous attendons beaucoup de vous. Dites-moi ce que vous attendez de moi à votre tour et, si possible, dites-moi ce que je ne vous ai pas donné. Mais ce n’est pas moi seul, c’est tout le gouvernement rwandais.

Nous, ce à quoi nous nous attendons, il est bon d’être autosuffisant, si vous avez des moyens, investissez donc dans votre pays, le Rwanda. Où que vous soyez, vous avez les droits, mais vous avez des droits absolus au Rwanda. Ailleurs, on peut les reprendre, c’est un prêt, mais chez vous, chez nous, personne ne peut vous les enlever. Même si vous vous trouvez bloqué aux extrémités du monde et que vous ne savez pas où aller, vous pouvez rentrer chez vous. Ceux qui travaillent là où ils sont, je ne leur dirai pas de faire leurs bagages et de retourner dans leur pays, mais chaque fois que vous rentrez chez vous, nous vous accueillons à bras ouverts.

Il n’y a pas de pression, c’est libre. Je vous dis seulement que votre pays vous attend, et cette attente est de deux sortes. Il peut toujours vous attendre de l’étranger. Vous pouvez réaliser ce que le Rwanda attend de vous en étant toujours à l’étranger ou après être rentré. A vous de choisir. Ce qui est mauvais serait de ne pas y penser, de manquer de volonté de faire quelque chose pour son pays.

Enfin, je voudrais remercier les amis ici présents, remercier l’Allemagne, ce pays ami avec lequel nous entretenons de bonnes relations, et de nombreux ressortissants de ce pays ont investi au Rwanda. On vous a parlé d’investissements déjà réalisés par des entreprises allemandes telles que Volkswagen et d’autres entreprises du secteur de la construction. Nous leur souhaitons de se multiplier. Et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que leurs investissements se passent bien.

Je voudrais vous dire que nous ne sommes pas de mauvais amis, nous sommes de bons amis. Vous nous jugerez à des actes. Et vous découvrirez que vous avez fait le bon choix.

 

Sur Jean Louis KAGAHE

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