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Quand le Président du sénat burundais revendique un assassinat…

Réverien Ndikuriyo, Président du sénat burundais- archives

 

 

 

 

 

 

 

Alors que le pouvoir en place au Burundi ne cesse de dénoncer les accusations portés contre lui par la communauté international sur les violations des droits de l’homme  commises depuis 2015 suite à la contestation du 3eme mandat du president Pierre Nkurunziza , l’affaire qui fait mouche aujourdh’ui dans le sillage du pouvoir  est la publication sur les reseaux sociaux des propos du président du sénat burundais se vantant d’avoir mis à  prix la tête d’un homme.

Révérien Ndikuriyo, président du sénat burundais, a declaré avoir payé 5 millions de francs burundais pour faire tuer un homme qu’il jugeait  dangereux dans la commune Matana de la province de Bururi, et ces propos  jusque-là non dementis relancent les critiques contre le pouvoir burundais.

Selon le site https://www.dw.com, “Révérien Ndikuriyo a en effet déclaré avoir offert de l’argent pour éliminer un homme qu’il considère comme étant un danger pour les populations d’une commune du sud du pays. Cette intervention arrive dans un contexte où le pouvoir tente de démentir les critiques au sujet des violations répétées des droits de l’homme.

Le président du Sénat burundais, Révérien Ndikuriyo, a été enregistré alors qu’il s’exprimait lors d’une rencontre politique. C’était le 11 septembre à Marangara, une des communes de la province de Ngozi, d’où est originaire le président Pierre Nkurunziza”.

“Je viens d’éliminer cet homme”

Selon la meme source, dans le document sonore qui a fuité, on entend le président du Sénat parler d’une visite qu’il avait effectuée dans la commune Matana de la province de Bururi où résidait l’homme assassiné. “Il y avait quelqu’un qui s’appelait Kaburimbo. Il avait un centre de santé où il dispensait des formations militaires. Kaburimbo était un danger”, affirme Révérien Ndikuriyo dont les propos sont interrompus par des applaudissements de l’auditoire.

“Quand j’y suis allé je leur ai dit que j’ai besoin de Kaburimbo, mort ou vivant, et j’ai donné pour cela cinq millions, c’était la compétition pour le chercher !”, ajoute le président du Sénat qui poursuit en proclamant que personne ne pouvait représenter une insécurité pour le public de toute la commune. “Il faut l’éliminer !” lance-t-il aux gens qui l’écoutaient.

Dans une autre séquence, Révérien Ndikuriyo indique que le reste était “seulement de demander à dieu si c’est un péché de protéger ses moutons. C’est ce qui reste à savoir. Dieu, ces gens de toute la commune étaient en danger et je viens d’éliminer cet homme qui était leur danger, est-ce une faute ? Pour la sécurité du pays il faut être sérieux”.

 

Des corps sans vie ont souvent été retrouvés dans les rue de Bujumbura ainsi que dans les provinces depuis 2015.

 

 

 

 

 

 

 

 

Silence et colère

Ces propos qui suscitent une polémique n’ont été ni commentés, ni démentis par l’Etat burundais. Le secrétaire général du gouvernement, Prosper Ntahorwamiye, affirme ne pas avoir de réaction pour l’instant.

De même, le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, se refuse à tout commentaire sur ces propos tenus selon lui par “le président d’une autre institution”. 

Pour Jérémie Minani, un opposant en exil en Belgique et président de la coalition des forces de l’opposition burundaise pour le rétablissement de l’Accord d’Arusha (CFOR-Arusha), le président du Sénat n’en est pas à son premier coup. “Monsieur Révérien Ndikuriyo a toujours ce genre de langages et il ne se limite pas à ça, il passe aux actes”, regrette Monsieur Minani qui estime que ces propos “rentrent dans la logique non seulement de Révérien Ndikuriyo mais aussi du CNDD-FDD”.

Un « aveu » pour l’opposition

Selon lun article produit sur www.rfi.fr, pour l’opposition et la société civile burundaise, qui sont montées au créneau, le pouvoir burundais ne pourra plus nier son implication dans les crimes graves commis dans le pays depuis quatre ans.

« De quel droit il peut juger des gens, condamner à mort des citoyens burundais sans aucune forme de procès ? interroge Pacifique Nininahazwe, militant des droits de l’homme. Les propos de Réverien Ndikuriyo sont comme une confirmation sur l’implication de hautes autorités burundaises dans les crimes au Burundi. Il avoue que lui-même soutient et finance des exécutions sommaires. »

C’est le silence radio côté pouvoir depuis deux jours. Seul un porte-parole du Sénat a tenté de calmer le jeu en assurant que le fameux Kaburimbo aurait réussi à fuir le Burundi à l’époque.

Néanmoins, des sources concordantes, la survie de Kaburimbo à ce jour est hypothétique.

« Pulvérisez ces quartiers »

Selon le site   afrique.lalibre.be,  “ Ndikuriyo n’en est pas à son coup d’essai puisqu’en octobre 2015 il avait appelé à « pulvériser » les quartiers de Bujumbura opposés au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, que celui-ci venait d’imposer, alors qu’il est expressément interdit par l’Accord de paix d’Arusha qui mit fin à la guerre civile (1993-2005). Cette politique a mis le pays à feu et à sang et l’a plongé dans la misère”.

Cette polémique intervient alors que le Burundi s’apprête aux élections présidentielles qui auront lieu l’année prochaine, et pour les observateurs avisés, les propos de Ndikuriyo sont de nature à encourager les les partisans du régime et les forces de securité à l’élimination physique des opposants au pouvoir”.

Capture du rapport d’Amnesty international en 2015

 

 

 

 

 

 

 

Renaissance Actu

Sur Jean Louis KAGAHE

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