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Ney York : Le Ministre marocain des Affaires Etrangères prononce un discours dans la Réunion Ministérielle  sur la République Centrafricaine

Nasser Bourita, Ministre marocain des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, participait hier jeudi 26 septembre à New York, à  la Réunion Ministérielle  de Haut Niveau sur la République Centrafricaine.

A cette occasion, le chef de la diplomatie marocaine, Monsieur Nasser Bourita a prononcé un important discours dont le texte intégral est repris ci-après :

Monsieur le Président de la République Centrafricaine, Son Excellence le Professeur   FAUSTIN-ARCHANGE TOUADERA,

Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine,

Monsieur le Secrétaire Général de la C.E.E.A.C,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

J’ai le plaisir de m’adresser à vous aujourd’hui au nom des membres de la Configuration République Centrafricaine de la Commission de la Consolidation de la Paix, que le Maroc a l’honneur de présider depuis 2014. Permettez-moi en premier lieu de réitérer nos chaleureuses félicitations à Son Excellence le Professeur Touadéra, Président de la République Centrafricaine pour la signature puis la mise œuvre progressive de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine.

Je tiens également à rendre hommage aux garants de l’Accord, l’Union Africaine et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale ainsi qu’aux Nations Unies pour son soutien technique et logistique indispensables.

La signature de cet Accord, qui peut être qualifié d’historique, a suscité beaucoup d’espoir au sein d’une population meurtrie part plusieurs années de conflits violents. Nous condamnons fermement les violations de l’Accord de paix perpétrées par certains groupes armés signataires de cet Accord et encourageons à la poursuite des mesures prises pour sa mise en œuvre, notamment le déploiement progressif des Forces Armées Centrafricaines dans différentes régions du pays et la mise en place des Unités spéciales mixtes de sécurité.

La Configuration République Centrafricaine continue de suivre de près l’ensemble des développements survenus dans le pays, afin d’exercer au mieux son rôle de plaidoyer.

A ce titre, plusieurs membres de la Configuration ont eu l’occasion de visiter la République Centrafricaine au lendemain de la signature de l’Accord le 6 février dernier. Cette visite a également été marquée par la présence de hauts responsables onusiens du Département des Opérations de Paix et du Département des Affaires politiques et de la Consolidation de la Paix, consacrant ainsi la nouvelle réforme de l’architecture de paix et de sécurité proposée par le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Antonio Guterres et endossée par l’Assemblée Générale.

Cette visite a permis d’identifier, dès le départ, certaines des principales difficultés risquant d’entraver la mise en œuvre de l’Accord, en particulier son appropriation par la population, ou encore la lutte contre l’impunité et le redéploiement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire.

Excellences Mesdames et Messieurs,

Conformément à son mandat, et à la pratique établie l’année dernière, la Configuration République Centrafricaine a l’intention de soumettre des observations au Conseil de sécurité, en amont des négociations sur le renouvellement du mandat de la MINUSCA, en mettant l’accent sur les préparatifs du prochain processus électoral. Bien que le 1er tour des élections présidentielles ne soit prévu que pour décembre 2020, le temps presse, notamment en matière de mobilisation des ressources nécessaires pour entamer les actions préliminaires nécessaires au bon déroulement de cette importante étape telle que la cartographie électorale, comme cela a été relevé par l’Autorité Nationale des Elections.

Je saisis cette occasion pour plaider auprès des membres du Conseil afin de doter la MINUSCA du mandat nécessaire pour un soutien effectif au processus électorale, à l’instar de 2015. Je lance également un appel à l’ensemble des partenaires bilatéraux et multilatéraux de la République Centrafricaine pour soutenir ce processus en facilitant le bouclage du budget prévisionnel.

A cet égard, la Configuration va continuer à informer, mobiliser et plaider en faveur d’un soutien au Fonds prévu pour les élections qui est géré par le PNUD, avec un budget estimé à 45 millions de dollars, sous réserves d’un appui renforcé de la MINUSCA. Dans le cas où la Mission onusienne n’est pas dotée d’un mandat clair pour l’assistance électorale, similaire à 2015, ce budget pourrait être revu à la hausse pour atteindre les 65 millions de dollars.

Sur un autre volet, la Configuration a organisé pour la première fois une réunion durant le segment humanitaire de Haut niveau de l’ECOSOC à Genève, le 25 juin 2019. Cette réunion avait pour principal objectif d’explorer les voies et moyens de renforcer le nexus paix, sécurité et développement, en mettant l’accent sur la complémentarité et la cohérence entre les efforts sur le plan humanitaire, du développement et de consolidation de la paix.

La situation humanitaire continue d’être alarmante, et ce malgré une progression significative du financement de l’appel humanitaire, qui a atteint près de 50% pour 2019. Plus l’autorité de l’Etat s’étend plus les besoins humanitaires augmentent. Aussi, la sécurité et l’accès des humanitaires continuent d’être une grande source d’inquiétude.

Pour autant, nous nous réjouissons des progrès réalisés dans le domaine judicaire, avec le lancement des enquêtes de la Cour pénale Spéciale et la remise à niveau du système judicaire ordinaire à travers le pays. En effet, la lutte contre l’impunité demeure une des principales revendications de la population, meurtrie par des années de violences et d’abus.

Excellences Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi à présent de partager brièvement avec vous les éléments suivants en ma capacité nationale :

Je voudrais, tout d’abord, rendre un vibrant hommage à Son Excellence le Président de la République. Votre courage et votre détermination pour arriver à un Accord avec les groupes armés se doit d’être soulignée et appréciée à sa juste valeur. Cela a nécessité un grand courage politique, motivé par votre quête inlassable de paix et de stabilité pour votre grand pays.

Le Maroc entretient des relations historiques avec la République Centrafricaine sœur, liens qui continuent de se renforcer au fil des années, grâce à un partenariat multiforme. Cet appui ne s’est pas démenti avec la crise, bien au contraire. Le Maroc a été le premier pays à envoyer des troupes sous la bannière onusienne et ce avant même la création de la MINUSCA. Aujourd’hui, près de 750 hommes et femmes sont déployées au sein de la mission onusienne, et jouissent de la confiance et de la gratitude des populations locales.

Sur le plan académique, de nombreux étudiants centrafricains poursuivent leurs études dans les différents instituts, universités et grandes écoles marocaines. Le Maroc continue également de former de nombreux officiers centrafricains dans les différentes académies militaires du Royaume, en coordination avec la MINUSCA et le Comité de sanctions, contribuant ainsi au renforcement des capacités des forces de sécurité du pays.

Plus récemment, l’opération de réhabilitation du Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui est engagée et permettra à la capitale centrafricaine d’être dotée d’une infrastructure sanitaire moderne de grande envergure. Aussi, un soutien divers et varié, à travers différents projets touchant aussi bien la formation des magistrats, l’habitat et d’autres secteurs à fort impact socio-économique sont mises en œuvre.

Le Maroc s’engage à maintenir son soutien effectif aux autorités et à la population centrafricaine, œuvrant de concert avec les autres partenaires de ce pays, formulant le souhait de voir la République Centrafricaine sortir de cette crise et emprunter résolument un chemin irréversible vers la stabilisation et la prospérité.

Je vous remercie.

 

Sur Jean Louis KAGAHE

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