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Les employés rwandais à la CEPGL connaissent des arriérés de salaire de près d’un an.

Les transactions transfrontalières entre le Rwanda et la RDC-archives

Depuis qu’en 2016, les pays membres de la CEPGL ont suspendu leurs contributions à l’organisation et que même les bailleurs des fonds, entre autre l’Union Européenne, ne versaient plus des subventions, les pays membres avaient alors  décidé de payer les salaires à leurs ressortissants respectifs. Alors que le Burundi et la RDC continuent leurs engagements, les salariés de la CEPGL issus du Rwanda n’ont rien perçu depuis juin 2018 jusqu’à cette date.

Au moment même où nous nous étions mis à recueillir des informations sur le fonctionnement actuel de cette organisation économique sous-régionale à la fin du mois d’avril 2019, l’information relative aux salaires des employés  nous a été rapportée  d’entrée, et nous avions choisi de parler aux instances  habilitées à trouver une solution à cette question.

Dans un entretien téléphonique avec le Secrétaire Exécutif Adjoint de la CEPGL chargé des finances à la fin du mois d’avril dernier, Nsanzurwanda Epimaque, celui-ci  nous avait  révélé que cette information n’était pas une rumeur en précisant ,  «  quand bien-même je ne suis pas la personne  qui vous ait livré cette information, il n’en demeure pas moins  que cette situation de non-paiement des salaires depuis bientôt un an soit une réalité».

En tant que responsable, Nsanzurwanda avait néanmoins indiqué ce qui suit , «  je suis de près la situation au ministère de tutelle, à savoir le Ministère des Affaires Etrangères  et j’espère que la question aura une réponse positive  d’ici peu ».

Il a expliqué la cause de ce retard de paiement en disant que « depuis la création de la CEPGL en 1976, les 3 pays membres dont le Rwanda, le Burundi et la RDC  ( à l’époque  Zaïre) s’étaient engagés à verser leurs contributions annuelle pour faire fonctionner l’organisation et payer en même temps ses employés. Mais depuis 2016, cette procédure a été abandonnée par ces mêmes pays membres. »

Il a ajouté qu’  « à l’occasion de la rencontre entre le Président rwandais ,Paul Kagamé et son homologue  congolais de l’époque, Joseph Kabila, en juin 2016 à Gisenyi,   les deux chefs d’Etat ont échangé sur plusieurs aspects visant à faire redémarrer les activités de la CEPGL en général , et qu’entretemps il aavait  été aussi convenu que chaque pays   allait continuer à payer ses ressortissants jusqu’à ce que le Conseil des ministres concernés se réunisse, et trouve des solutions appropriées et durables ».

Alors que les trois pays avaient commencé à honorer  cet engagement, il est arrivé qu’en juin 2018 le Rwanda n’a plus payé ses employés, contraignant certains d’entre eux  à  démissionner, entre autre l’ex-Secrétaire Exécutive Adjointe de la CEPGL chargée des Finances, Gashumba Liliane dont l‘intérim est aujourd’hui assumé par Nsanzurwanda Epimaque. Entretemps , le travail se faisait aussi rare au sein de l’institution.

Il reste actuellement quatre employés rwandais à la CEPGL parmi lesquels le SE adjoint chargé des finances. Il y va sans dire qu’il leur est pratiquement difficile de joindre les deux bouts du mois suite aux impayés de salaire.

Au sujet de l’avenir de la CEPGL, Nsanzurwanda avait alors  indiqué que «  la volonté des pays membres de continuer tous les projets  de l’organisation est là  et des avancées sont à noter quand bien même le Burundi n’était pas représenté au Sommet de Gisenyi  de juin 2016 ».

Dans un bref entretien au téléphone avec le Secrétaire d’Etat au Ministère des Affaires Etrangères, Amb. Nduhungirehe Olivier le 30 avril 2019, ce dernier avait lui aussi reconnu l’existence de ce problème des salaires des employé rwandais à la CEPGL. Selon ses propos à cette date  il avait dit,  «  la question est en voie d’être résolue  en même temps que   des mesures appropriées sont en train d’être mises en place pour que les activités de la CEPGL en général reprennent ».

Au sujet de la suspension des contributions à la CEPGL, l’Amb. Nduhungirehe avait souligné  que « le Rwanda a continué à verser se contribution à l’organisation après que les autres membres avaient suspendu, et quand cette situation a perduré, le Rwanda a aussi arrêté ses versements ».

Que les autres pays aient continué à payer les salaires de leurs employés et que le Rwanda ne l’a pas fait depuis bientôt une année ‘ l’Amb Nduhungirehe avait répondu, début mai 2019 que,   « il était difficile de continuer à payer le salaire aux gens qui apparemment n’ont pas de travail, toutefois il a été mis sur place un Comité réunissant différents ministères avec en tête le Ministère des Affaires Etrangères pour trouver des solutions appropriées à toutes ces questions, celle des salaires y compris ».

Néanmoins au  moment ou nous nous entretenions au téléphone avec le SE adjoint de la CEPGL fin avril 2019, il nous avait indiqué qu’il était sur terrain  à Nemba- Gasenyi en réunion de travail sur un projet agricole dans la Vallée de la Rusizi. Il y va  de même des autres employés rwandais  de la CEPGL qui vaquent toujours à leur travail jusqu’à ce jour.

Ce comité, avait  indiqué Amb. Nduhungirehe  est composé entre autres  des délegués issus du MINAFET,  MINIJUST, MININFRA et  du Ministère de l’Environnement.

Lors de cet entretien  avec lui en début du mois de mai 2019, nous avons voulu savoir si ces arriérés de salaire allaient être   payés avant l’expiration de l’année budgétaire 2018-2019 qui prend fin bientôt, ou s’il devraient attendre l’année budgétaire 2019-2020, le Secrétaire d’Etat s’était  gardé de donner toute précision en disant « nous ne pouvons pas promettre  que ces salaires viendront demain ou après-demain, mais nous y travaillons pour que la question soit résolue le plutôt possible ».

Jusqu’à cette date  (mi-juin 2019), la situation des employés de la CEPGL demeure  in statu quo comme l’indique Nsanzurwanda joint au télephone. ” La situation n’a pas encore changé, et je ne peux aujourd’hui émettre aucun commentaire. Toute solution eventuelle ne viendrait que du Ministere des Affaires Etrangéres  qui est notre ministère de tutelle”.

Dans le meme temps , nous avons tenté de joindre au téléphone portable le Secrétaire d’Etat au MINAFET, Amb Nduhungirehe, malheureusement il n’était pas joignable.

La Communauté Economique des Pays des Grands Lacs a été créée le 20 septembre 1976 à l’initiative du président zaïrois Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga. Forte de ses visées d’intégration économique et de coopération transfrontalière multisectorielle, la CEPGL entendait conduire l’ancienne Afrique Belge à don développement. Les pays membres et anciennes colonies belges sont  la RDC, le Burundi et le Rwanda.

Les guerres qui ont miné la sous-région ces dernières décennies et la persistance des groupes armés divers  ont créé un climat de suspicion entre Etats membres de la CEPGL, mais il s’avère aujourd’hui que la volonté politique était présente pour faire redémarrer les différents projets de l’organisation.

Alors que la RDC vient de formuler une demande d’adhésion à la Communauté Economique des Pays de l’Afrique de l’Est, EAC, il ya de qoui s’interroger sur l’avenir de la CEPGL dont le fonctionnement est déjà fragilisé, et des salaires impayés  durant toute une année pour les employés de l’un des pays membres.

Jean Louis KAGAHE.

 

Sur Jean Louis KAGAHE

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