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Pourquoi autant de femmes abandonnent la pilule?

Pilules

La raison? Le rejet des hormones artificiels, tout d’abord. La pilule est en effet un concentré d’hormones qui a pour effet d’empêcher l’ovulation naturelle chez la femme. Et cet apport peut entraîner des effets secondaires reconnus comme une baisse de la libido, des migraines, un gain de poids ou des troubles de l’humeur.

“Il s’agit d’effets secondaires avérés, mais ils ne touchent pas toutes les femmes. On doit voir avec la patiente qui a envie d’arrêter si elle ressent vraiment ces effets”, explique Jean-François Legrève, gynécologue.

Autre argument avancé: la pilule augmente les risques de cancer du sein. “C’est vrai sur le long terme, après 20 ans” explique Philippe Simon, responsable du département gynécologie à Erasme. “Mais d’un autre côté”, ajoute-t-il, cela réduit de moitié les risques d’autres cancers, comme celui de l’endomètre [paroi interne de l’utérus]”. 

Des alternatives fiables?

Vouloir arrêter la pilule, le gynécologue Philippe Simon peut le comprendre. “Les pilules ne sont pas des bonbons, c’est un médicament qu’on prend. Et moins on prend de médicaments, mieux c’est”, explique-t-il. “Cela dit, il faut réfléchir aux alternatives. Il y a par exemple des pilules avec des œstrogènes naturels qui ont moins d’impact sur l’humeur. Mais elles coûtent plus cher”. 

A part la pilule, il existe des alternatives sans hormones parmi lesquelles le préservatif, le stérilet en cuivre, l’anneau ou encore les méthodes dites ‘naturelles’. Néanmoins, la fiabilité de ces méthodes varie. L’indice de Pearl est l’outil statistique utilisé pour mesurer l’efficacité de celles-ci. Le taux de grossesse sur 100 femmes utilisant la pilule est de 0,3 sur un an. Il est de 0,6 pour le stérilet en cuivre, 2 pour le préservatif et de 1 à 9 pour les ‘méthodes naturelles’.

Le retour des “méthodes naturelles”

Mais de quoi on parle-t-on exactement quand on parle de méthodes naturelles? Concrètement, cela signifie qu’une femme ne prenant aucun moyen contraceptif se base sur des signaux physiques – comme sa température – pour deviner à quel moment elle a le moins de chance de tomber enceinte.

“Avant la pilule, c’est la méthode qui était utilisée à une époque où il y avait de nombreux avortement clandestins. C’est la preuve que ce n’est pas très fiable,” dit Philippe Simon. Selon lui, la méthode peut fonctionner, mais à certaines conditions.

“Cette méthode convient à des femmes plus mûres qui ont une bonne connaissance de leur corps et de leur sexualité”, explique-t-il, “pour les jeunes filles, c‘est plus beaucoup plus risqué.”

Questionnements féministes

Au delà de ces questions de santé, certaines femmes interrogent également la nécessité de la pilule sous un angle plus sociétal. Si dans les années 60, l’arrivée de la pilule contraceptive est devenue le symbole de la libération sexuelle et de l’émancipation féminine, cette même pilule est aujourd’hui au centre de questionnements féministes. Enjoyphoenix le formule ainsi dans la vidéo: “Pourquoi moi je devrais me gaver d’hormones en tant que femme, alors que les mecs à côté, ils ne prennent rien?” 

Notons qu’au mois de mars dernier, des chercheurs ont présenté les premiers résultats d’une pilule contraceptive masculine. Mais d’ici à ce que cette pilule soit commercialisée, il faudra attendre plusieurs années au moins. De son côté, Philippe Simon est sceptique: “Une femme va-t-elle vraiment faire confiance à un homme, s’il lui assure qu’il prend la pilule?”

Ne pas arrêter temporairement

Abandon de la pilule ou non? Dans tous les cas, mieux vaut en discuter avec son gynécologue. “Si le traitement est bon, il vaut mieux ne pas le changer”, explique Jean-François Legrève. Et surtout, ajoute-t-il, “il ne faut pas arrêter la pilule un temps, avant de la reprendre. Il existe en effet des risques très faibles de thrombose et d’embolie dans les deux premières années. Si une femme ayant dépassé ce seuil arrête la pilule pendant six mois et puis reprend, ces risques reviennent.”

La Renaissance Actu/ rtbf.be

Sur Jean Louis KAGAHE

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