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Soudan : grève de journalistes, appel à de nouvelles manifestations

Manifestations à Karthoum-archives

Un réseau de journalistes soudanais défendant la liberté d’expression a lancé jeudi une grève de trois jours afin de protester contre la répression par le gouvernement de manifestations dénonçant la hausse des prix du pain.

Depuis le 19 décembre, une dizaine de villes du Soudan dont la capitale Khartoum ont été le théâtre de protestations contre le triplement du prix du pain dans un pays en plein marasme économique.

Mais au-delà des revendications sociales, les manifestants ont aussi demandé “la chute du régime” du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989.

Les autorités font état de huit manifestants tués depuis dans des heurts avec les forces de l’ordre, alors qu’Amnesty International parle de 37 morts. Un des partis de la coalition au pouvoir a évoqué le chiffre de 17 morts tandis qu’une formation d’opposition affirmait que 22 protestataires ont été tués.

“Nous entamons une grève de trois jours à partir du 27 décembre pour protester contre la violence du gouvernement contre les manifestants”, a déclaré dans un communiqué le Réseau des journaliste soudanais, un groupe informel qui défend la liberté d’expression.

Les journalistes “régulièrement harcelés”

Les journalistes au Soudan se plaignent régulièrement d‘être harcelés par les autorités. Ce vaste pays d’Afrique est classé 174e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par Reporters sans frontières.

Les puissants services de renseignements et de sécurité soudanais (NISS), qui mènent la répression des manifestations, n’hésitent pas à saisir des éditions entières de journaux dont certains articles leur paraissent trop critiques.

Des militants et des groupes d’opposition ont par ailleurs appelé jeudi à de nouvelles manifestations dans les jours qui viennent.

“Nous appelons le peuple soudanais à continuer ses manifestations jusqu‘à ce que nous obtenions la victoire en renversant le régime”, a ainsi lancé le Parti communiste dans un communiqué. Plusieurs de ses membres ont été arrêtés en marge des protestations.

La formation communiste a aussi appelé “tous les partis d’opposition à s’unir et à travailler ensemble pour coordonner ce mouvement”.

Le président soudanais a tenté lundi de calmer le mécontentement en promettant de d’entreprendre des “vraies réformes” pour remédier à la crise économique.

Amputé des trois quarts de ses réserves de pétrole depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, le pays a vu l’inflation s‘établir à près de 70% tandis que la livre soudanaise plongeait face au dollar américain. La levée de sanctions économiques américaines en 2017 n’a pas permis le redressement économique espéré.

AFP

 

Sur Jean Louis KAGAHE

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