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Rwanda : L’éducation inclusive souffre encore de quelques lacunes

 

Enfants handicapés encadrés au Centre HVP Gatagara de Gikondo-archives

Bien que les lois nationales et les instruments internationaux en faveur de l’éducation inclusive soient  aujourd’hui reconnues au Rwanda, leur mise en application effective présente encore des lacunes qu’il faut combler, tant sur le plan pédagogique que sur celui des infrastructures.

Au cours des récentes  décennies, des efforts remarquables  ont été menés par le gouvernement rwandais en partenariat avec différentes  organisations de la société civile en vue de promouvoir l’éducation inclusive.

Néanmoins, force est de constater que  certains problèmes se font encore  remarquer par endroits comme le souligne Tuyizere Oswald, Directeur du Développement socio-économique au Conseil National des Personnes Handicapées ( NCPD).

Selon Tuyizere   «  le manque d’enseignants qualifiés,  l’existence de certaines écoles ne disposant pas d’infrastructures  et technologies adaptées aux différents handicaps, l’insuffisance des prothèses pour  pallier à certains handicaps, ou simplement  de longues distances séparant l’école du domicile  des enfants handicapés  constituent encore des entraves à la promotion de l’éducation inclusive ».

Il salue par ailleurs les efforts fournis par le gouvernement pour réduire, sinon éradiquer ces lacunes. Ces efforts que Tuyizere apprécie plus  du point de vue plus qualitatif que quantitatif se basent sur la formation progressive des enseignants, la construction des nouvelles écoles ayant des  infrastructures adaptées aux différents handicaps, et surtout la politique gouvernementale de l’éducation gratuite  dans les deux premiers cycles de l’enseignement.

Tuyizere Oswald, Directeur du Développement socio-économique au NCPD

« Bien plus, le recensement des enfants handicapés au niveau  national permet actuellement d’en intégrer un grand nombre dans l’enseignement » indique-t-il.

D’autre part, au cours du sommet mondial sur la situation des  personnes handicapées   tenu à Kigali le 26 juin 2018,  les représentants des gouvernements et autres organisations de la société civile  ont été informés sur les  réalisations  du  gouvernement rwandais dans le cadre  de l’éducation inclusive  pour enfin  mettre en évidence  les lacunes constatées,  et  proposer ensuite des solutions.

Dr Mukarwego Betty, vice-présidente du NCPD,  également présidente de l’Union des aveugles du Rwanda (RUB) et qui était présente au dit sommet  rappelle quant à elle que, « les enfants handicapés ont le droit de recevoir une éducation adéquate de la même manière que  d’autres enfants”.
Elle  regrette toutefois qu’aujourd’hui certaines difficultés persistent, et concernent notamment les infrastructures scolaires inadaptées à la situation des enfants handicapés, le manque des prothèses pour certains enfants,  ou des longues distances qui les séparent de leur domicile etc.

Dr Mukarwego    déplore surtout  l’esprit des parents ou des enfants eux-mêmes qui pensent encore que les enfants  handicapés  ne peuvent pas étudier comme les autres.
À cet égard,  Dr. Mukarwego suggère que des échanges devraient avoir lieu entre les professionnels de l’éducation inclusive et les parents, avec les enfants handicapés eux-mêmes, et avec les responsables des écoles ou leurs propriétaires.
Pour sa part, Sam Munana, Secrétaire Exécutif de l’Union Nationale des Sourds du Rwanda (RNUD), les efforts du gouvernement sont évidents pour promouvoir l’éducation inclusive.
«Non seulement la constitution et les lois promouvant l’éducation inclusive sont présentes, mais également la stratégie de développement économique et de réduction de la pauvreté  (EDPRS II) a mis l’accent sur la promotion du bien-être des personnes handicapées ».
Se référant à la recherche des  solutions durables pour une éducation inclusive efficace, Sam Munana suggère également qu’un  budget spécifique soit affecté à la promotion de l’éducation inclusive.
Sam propose de mettre en place des programmes scolaires adaptés aux différentes catégories d’enfants handicapés (aveugles, sourds, etc.) et de former en conséquence des enseignants spécialisés.
«Parallèlement, le gouvernement pourra créer des écoles adaptées à la situation de l’une ou l’autre catégorie d’enfants handicapés»précise-t-il.

En réponse aux divers besoins exprimés, TusiimeAngélique,   Directrice  adjointe à l’Office Rwandais pour l’Education ( REB) , affirme que l’objectif du REB  dans ce domaine est de maximiser le nombre d’enfants handicapés dans l’éducation publique.
Tusiime souligne  qu’en collaboration avec les organes du Ministère de l’Administration Locale, « un recensement de ces catégories d’enfants devrait être effectué à l’avance afin de garantir qu’ils aient ensuite accès à des écoles adaptées à leur situation ».
«En ce qui concerne la qualité de l’enseignement à donner à cette catégorie d’enfants et la qualification des enseignants spécialisés, l’éducation spéciale sera développée dans les collèges de formation des enseignants», aajoute Tusiime.
«Le matériel éducatif adapté et diversifié sera mis à la disposition des écoles pour mieux encadrer ces enfants» conclut-elle.
«Aller à l’école n’est plus une faveur, c’est un droit constitutionnel», a, pour sa part, récemment déclaré le Secrétaire d’État au Ministère de l’Éducation chargé de l’Enseignement primaire et secondaire, Munyakazi Isaac.

KAGAHE Jean Louis

Sur Jean Louis KAGAHE

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